"Joutes de chevaliers"
Chaque printemps, les chevaliers combattants se retrouvent sur leur site de parade. La vie de cet oiseau, jusqu’alors grégaire va se métamorphoser. La ségrégation des sexes bien marquée en hiver, va alors former deux clans distincts : celui des femelles aux allures sobres et effacées, et celui des mâles empanachés. Les mâles se cantonnent sur les arènes où ils exhibent leurs ornements et leur panache emplumé.. Les arènes du chevalier combattant se trouvent surtout en terrain plat et dégagé, là où l’herbe est encore très rase. Chacun des mâles chevalier porte ses propres couleurs. Au centre des plumes déployées, et gonflées, le masque de peau encadre le bec d’une tache colorée. Chaque mâle défend son territoire contre les prétentions de voisins parfois agressifs.
Le spectacle parait étrange et désordonné, parfois irréel en raison du silence qui plane sur les arènes. Les mâles s’activent.. sautent en l’air en battant des ailes.. vont et viennent à petits pas.. et s’affrontent en baissant la tête, se menaçant du bec… courbettes et froissements des ailes impressionnent l’adversaire. Parfois les duellistes s’affrontent réellement : croisement de becs, coups de pattes en avant, et battement d’ailes vindicatifs se succèdent… puis le combat s’arrête aussi soudainement qu’il a démarré. Les parures gonflées s’affaissent et le vaincu n’insiste pas. Mais il suffit qu’une femelle apparaisse et l’ébullition reprend quelques instants. Les chevaliers se couchent hérissés et frémissants, les ailes et la queue plaquée au sol, jusqu'à ce qu’elle se pose devant le courtisan de son choix, fourrage dans ses plumes étalées, puis s’accroupit, docile sous l’hommage amoureux. Combat de chevalier pour une conquête de passage, anarchique, illusoire, et opportuniste...